Faut-il fermer Tihange 2 ?

Centrale nucléaire de Tihange, Huy, Belgique

Centrale nucléaire de Tihange, Huy, Belgique − © Hullie, Wikimedia

Fin octobre, plusieurs journaux annonçaient qu’une centaine de communes des régions frontalières allemande, néerlandaise et luxembourgeoise s’apprêtent à engager une action en justice pour contraindre le gouvernement fédéral belge, Electrabel et le régulateur AFCN (agence fédérale du contrôle nucléaire) de fermer le réacteur nucléaire Tihange 2. Le réacteur de Doel 3 est également dans le « collimateur ». Le CDH d’Andenne ne souhaite pas ici tomber dans un « simple » débat pro ou anti-nucléaires mais voudrait obtenir des informations fiables sur une centrale proche et clairement vieillissante.

Une étude commanditée par la communauté de communes d’Aix-la-Chapelle est effectivement assez inquiétante. Cette étude pointe les risques encourus en cas d’incident nucléaire à Tihange. Par exemple, selon les experts de l’Institut de Sciences de la Sécurité et des Risques (ISR) ayant réalisé cette étude, les « chances » de voir la province de Limbourg rendue inhabitable seraient de l’ordre de 40 ou 60%. Le professeur Wolfgang Renneberg, ex-directeur de l’organisme de surveillance nucléaire allemand qui a co-rédigé ce texte, souligne les risques sérieux persistants sur la sécurité des réacteurs à Tihange et à Doel. C’est là une menace inacceptable, estiment toutes ces autorités locales portant plainte.

Pour information, l‘ISR est un institut de recherche universitaire indépendant, basé à Vienne, reconnu sur la scène internationale depuis 2009 et travaillant régulièrement avec l’Université de Vienne et l’ONU (l’agence internationale de l’énergie atomique localisée à Vienne également).

Qu’en pense notre Conseil communal ? Ce n’est pas la première fois que Tihange est ainsi pointée du doigt. En cas de problème, Andenne serait vraiment « aux premières loges ».
Plusieurs instances diverses ont déjà soulevé des problèmes de sécurité dans les centrales nucléaires de Tihange et Doel et leurs analyses semblent se recouper (microfissures, sécurité,…). Même des employés de ces centrales émettent à demi-mot ou sous le couvert de l’anonymat, des commentaires assez inquiétants. Le discours de la ministre fédérale de l’énergie et d’Electrabel qui se résume en un simple « tout va bien… circulez, y a rien à voir », ne suffit plus.

Afin d’en avoir le coeur net, le CDH d’Andenne souhaiterait que la ministre et Electrabel soient officiellement questionnés par notre Conseil communal, sur base de l’ensemble des risques et dangers repris dans l’analyse de l’ISR mais aussi dans d’autres études tout aussi préoccupantes. Avec ces informations, nous y verrons plus clair – espérons-le – et nous pourrons alors nous positionner en connaissance de cause et agir si nécessaire.

Interpellation déposée par Étienne Sermon au Conseil communal du 21 novembre 2016

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