Favoriser la création d’emplois et l’insertion des moins qualifiés : un enjeu pour l’initiative privée et publique au niveau local

Andenne dispose désormais d’atouts susceptibles de susciter l’implantation de nouvelles entreprises sur son territoire. Des décisions régionales salutaires prises au cours de la précédente législature – et dont l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire m’amène à reconnaître qu’elles ont fait suite à des initiatives communales tout aussi salutaires – ont permis, en effet, d’avancer sur l’ouverture de nouvelles zones d’activité économique. Je pense, en l’occurrence, au plan communal d’aménagement de Petit-Warêt et à la zone d’aménagement communal concerté de Landenne. Ces zones devraient, nous l’espérons tous ici, voir le jour prochainement.

 

Elles sont d’autant plus attendues qu’Andenne connaît un marché du travail qui reste relativement difficile par rapport à certaines communes voisines. Andenne connaît, en effet, un taux de chômage de 17,12% (DEI), c’est-à-dire de l’ordre de la moyenne wallonne, alors que d’autres communes limitrophes et, par ailleurs plus ou moins contigües à l’axe Nationale 4, connaissent une situation plus favorable : Gesves (11,45%), Ohey (12,62%) et, côté hesbignon, Fernelmont avec 9,43%. Ces différences s’expliquent certes facilement à la lumière de l’Histoire, plus particulièrement eu-égard au passé industriel de notre commune. Une reconversion socioéconomique peut prendre de nombreuses années et je note avec bonheur que, si on extrait la variable crise, la demande d’emploi à Andenne présente indiscutablement déjà un trend baissier. Reste que, en termes absolus, les chiffres et les taux que je viens de citer doivent nous inciter à poursuivre nos efforts. A l’image de ce que l’on observe dans le reste de l’arrondissement, 23% de nos demandeurs d’emploi ont moins de 25 ans et 23% ont plus de 50 ans : deux publics fragiles, l’un parce qu’il a besoin qu’on lui mette le pied à l’étrier, l’autre parce qu’il n’offre plus, pour des raisons multiples, une attractivité suffisante aux yeux des employeurs.

Face à ces constats, je me permets d’attirer votre attention sur le plan Win-Win qui vient d’être adopté par le Gouvernement fédéral à l’initiative de la Ministre de l’Emploi. Vous en connaissez le principe. Une allocation de 1000 ou 1100 euros par mois peut être octroyée à certaines catégories de demandeurs d’emploi et donc déduite du salaire net à payer par l’employeur, et ce en plus des mesures existantes de réduction de cotisations sociales. Les pouvoirs locaux (communes et CPAS) sont éligibles à cette mesure dans le cadre de leurs engagements contractuels. Il ne s’agit pas ici de vous encourager à tabler sur un quelconque effet d’aubaine mais bien à vous encourager à donner une chance à des citoyens de notre commune qui pourraient participer pendant un ou deux ans à des missions d’intérêt général, administratives ou manuelles, et améliorer leurs chances de réinsertion. Les agences locales pour l’emploi disposent des informations relatives à ce plan. Avez-vous déjà pu les examiner et prendre position sur leur éventuelle utilisation par la commune et le CPAS ?

Enfin, lors de la réunion conjointe du conseil communal et du CPAS, un rapport très intéressant nous a été présenté sur les activités d’insertion du CPAS et sur les partenariats entretenus dans ce cadre. En l’occurrence, ne pensez-vous pas que le partenariat avec la MIRENA pourrait favoriser les contacts entre les demandeurs d’emploi les moins qualifiés et les entreprises locales, lesquelles pourraient bénéficier des mesures du plan WIN-WIN ?  De quelle manière pourrait évoluer le partenariat avec la MIRENA dans ce cadre ? Ne pensez-vous pas qu’il s’agit là d’une opportunité à saisir qui pourrait par ailleurs associer d’autres acteurs locaux, notamment Promandenne, compte tenu de son travail auprès du tissu économique local ?

Bref, Andenne conjugue aujourd’hui différents outils qui peuvent, me semble-t-il, donner un élan à la confiance des demandeurs d’emploi et à la création d’emplois. Je ne doute pas que la Maison de l’Emploi permettra, quant à elle, à notre commune de participer à un accompagnement individualisé  plus efficace que jamais et qui, je le pense profondément, reste le meilleur moyen d’éviter l’exclusion des demandeurs d’emploi et les conséquences sociales et budgétaires qui en découlent à tous les niveaux de pouvoir.

Interpellation déposée par Philippe Mattart au Conseil communal du 26 février 2010

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Conseiller communal, administrateur à la Régie des sports.